Brouillé avec son père, un éleveur de pur-sang au caractère irascible, Jean Maisonnial se réfugie chez son oncle. Mais la folle et répréhensible passion qu'il éprouve pour sa cousine le contraint à s'exiler, à partir à la conquête de l'Algérie. Auprès des spahis, il découvre alors cette passion des chevaux que son père n'avait pas su lui faire partager et décide, quelques années plus tard, en rentrant en France, de faire revivre la Ribière Haute, un domaine abandonné qu'il tient de sa mère, en y créant un haras.
Il a suffi que Barbe d'or revienne à La Chamenade et qu'il ensorcelle de son violon la nuit d'été pour que soudain le passé se réveille et que les coeurs à nouveau battent la chamade. Comment résister au charme de celui qui, adolescent, avec ses yeux clairs, ses boucles blondes et son sourire immense, en faisait déjà chavirer plus d'une ? A commencer par Hélène, la compagne de ses premiers émois, qui, inconsolable après son départ, se résigna à devenir Madame Montjoie, l'épouse du notaire. Mais le retour de Frédéric ...
Sous la bienveillante autorité de Joannès, le patriarche, les fils Ogier cultivent, sur le coteau ensoleillé des Terres-Hautes, la vigne et les arbres fruitiers. Fleury, jeune veuf, élève avec l'aide de son père ses quatre enfants tandis que le cadet, Eloi, célibataire un rien charmeur, préfère batifoler que se ranger. Cette absence d'épouses auprès de ses garçons préoccupe cependant le vieux Joannès, un homme sage, respecté et aimé de tous, et adoré de ses petites-filles. Il voudrait que Fleury se remarie avec Eulalie ...
Emeline de la Volette-Chabris, née Martiron, s'ennuie. Ni les ouvrages de broderie, ni les quelques relations mondaines auxquelles la voue son mariage ne parviennent à la sortir de la triste monotonie d'une vie de province et d'une relation de couple languissante. Et seule la lecture, en cachette, de quelques livres en avance sur les moeurs de son temps éclaire l'horizon gris de ses journées, attise sa curiosité et éveille en elle de troublants désirs. ...
Plutôt que de rester " faire le paysan " au Mazeau, le jeune Michel Vergnereau décide de s'engager pour cinq ans sous les drapeaux. Il y rencontre le lieutenant Antoine de Condat qui, à son retour à la vie civile, le recommande auprès de son père. Ce dernier, tout en menant une existence de châtelain, dirige une florissante entreprise de transport. Il fait de Michel à la fois son chauffeur personnel et son homme de confiance. Pendant ce temps-là, au Mazeau, les frères se disputent l'héritage et le partage de la propriété. L'un d'eux, avec la complicité du notaire, se prépare même à flouer leur aîné, Louis, resté à la terre. C'en est trop pour Michel qui décide d'intervenir. Mais à peine a-t-il entrepris de voler à son secours que le corps sans vie de monsieur de Condat est retrouvé dans son bureau. Or, la veille, il avait confié à Michel le soin de cacher au Mazeau une curieuse mallette... Avec La Loi des humbles, Jean-Pierre Bonnet tisse les fils d'un drame haletant dans lequel les affaires de famille se nouent et se dénouent. Et il exploite une veine qui lui est chère, celle des grands romans de terroirs.
Contraint depuis sa chute de cheval à vivre en fauteuil roulant, Jonathan Siméoni tient d'une poigne de fer le domaine des Longues-Terres. Autour de lui, nul ne bronche. Ni Romain, son fils bâtard, ni Blanche sa fille légitime qu'il a mariée, malgré elle, avec Dick, un garçon violent suivi comme une ombre par le servile Roger, son âme damnée. Dans ce monde clos en proie à la sauvagerie de la contrée et aux humiliations de cet univers patriarcal, Blanche ne semble vivre que dans le souvenir d'une mère trop tôt disparue et d'un jeune frère, Abel, accidentellement arraché à son affection. Parfois elle rêve. Et il arrive, lorsque souffle le terrible vent de neige qui secoue les Terres Longues et semble effrayer les animaux, que ses songes se réalisent. Un jour, un étranger dont le visage à la fois troublant et familier lui est apparu pendant la forte bourrasque, vient frapper à la porte du domaine...
Enfant, Maria n'avait qu'une hâte, courir chez la vieille Pattô. Cette voisine au grand coeur qui l'avait prise d'amitié lui apprenait aussi bien l'art de faire la soupe de légumes fricassés que les secrets de la vie. C'est à elle, bien sûr, qu'elle pensera souvent, tout au long de sa vie. Et quelle vie ! Devenue une belle jeune fille, Maria épousera Dominique et connaîtra la dure vie des métayers qui ne laisse guère de place à la rêverie. Aussi, lorsque son jeune frère, Julien, s'éprendra d'Elodie, la fille de Monsieur Jean, un riche propriétaire dont elle est secrètement amoureuse, et que cette dernière sera enfermée dans un couvent à l'autre bout de la France, Maria saura qu'elle doit de toutes ses modestes forces contrecarrer le destin. Mais comment faire évader Elodie et permettre le mariage des deux jeunes gens ? Rien d'autre désormais n'aura d'importance pour Maria qui puisera en elle la volonté, la patience et l'obstination léguées jadis par la vieille Pattô. Maria réussira-t-elle ? Sa santé déclinant après un méchant coup de froid, trouvera-t-elle encore la force de tenir bon pour assister à ces noces d'amour qui seront sa vraie revanche sur la vie ?
A la veille de la Belle Epoque, la petite Marie Chassagne quitte sa province natale et la ferme familiale. Placée comme fille de cuisine à Paris, on la dote d'une robe bien trop grande pour elle. Mais, en quelques gestes enfantins. elle réussit d'instinct à l'ajuster à sa taille sous le regard admiratif d'Henriette, la chef lingère. Celle-ci obtient alors de la prendre à ses côtés et de lui apprendre le métier. L'avenir de Marie est tracé : elle sera couturière... Mais auparavant, il lui faudra en découdre avec les accrocs et les ourlets de la vie, d'abord à travers un premier et bref mariage vécu à son corps défendant, et surtout en affrontant tant bien que mal les phobies qui, depuis toujours, l'obsèdent jour et nuit. Elle exprime la force vitale qui est en elle à travers ce don pour la couture que ses amis lui reconnaissent. Parmi ceux-ci, les de Méricourt qui l'aideront à créer Marie Chassagne Couture et lui feront rencontrer Alban, un jeune diplomate que ses goûts naturels ne portent guère vers les femmes. Entre Marie et Alban naîtra alors une grande histoire d'amour et... un parfum ! Mais Alban sera tué au Chemin des Dames. Dès lors, plus rien ne retiendra Marie. Murée dans le chagrin, elle n'aura de cesse de faire vivre sa maison de haute couture et, à travers cette dernière, le souvenir d'Alban. Elle traversera les années folles, l'Occupation et la Libération dans une sorte d'indifférence glacée, seulement préoccupée par le besoin de faire et de défaire les modes, et elle accueillera avec la même indifférence son triomphe à New York et la consécration mondiale de son parfum, Passion Saphir.
Si Marc n'était pas un incorrigible rêveur, peut-être aurait-il pris conscience dès son plus jeune âge des drames, des jalousies et des vieilles rancunes qui déchirent les familles du hameau où il est né. Peut-être aurait-il aussi compris tout ce qui, dès le départ, les comdamnait, Odile et lui, à ne pouvoir s'aimer. Lorsque, vingt ans plus tard, le destin remet Odile sur sa route, il se trouve confronté à un cruel dilemme : retourner à la respectabilité de son foyer parisien et aux médiocres illusions de sa vie bourgeoise, ou admettre qu'il n'a jamais rien voulu que rester au pays, quels que soient les sacrifices que cela lui demande... Une très belle histoire d'amour où Didier Cornaille, l'auteur des Voisins de l'horizon et de Je reviendrai vers vous, met en scène des " âmes fortes " qui se cherchent et s'accordent dans de somptueux paysages dont il sait si bien dépeindre l'âpre poésie.
Au printemps 1914, averti du décès brutal de sa mère, François Breuil quitte Paris et regagne la ferme familiale du Puychaud où l'attend Etienne, le fidèle et vieux serviteur. Il y fait la rencontre de Jeanne, une jeune veuve, qui exploite la belle propriété de la Malterre, située à deux pas de chez lui et, avec l'aide de cette dernière, il entreprend de remettre les chemins, les prés et les champs de son petit domaine en l'état. Les semaines passent. Et, tandis que la ferme du Puychaud reprend vie, l'amitié de Jeanne et François se mue en une folle histoire d'amour. Seulement voilà, cette union naissante ne fait pas l'affaire des voisins qui, depuis des lustres, lorgnent les terres et ressassent de vieilles rancoeurs. Les langues de vipère se délient et, pour parvenir à leur but, ourdissent un diabolique complot... Au début de l'été, comme une sombre prémonition, le ciel se charge et, le 3 août 1914, la guerre éclate.